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Publié par jlgdu54

Lettre ouverte à Kylian M’Bappé.

Quelques petites considérations pour influencer (un peu) Kylian M’Bappé dans le choix du club où il évoluera en 2021-2022.

Ce choix personnel ne l'est finalement pas tant que ça.

Etre le meilleur joueur de la planète football, c'est bien pour illuminer les yeux des fans de foot de tous les pays, mais être en plus le sauveur du football français, c'est devenir une icône nationale, et ainsi faire face aux responsabilités engendrées par son immense talent.

 

Le rêve de jouer au Réal Madrid.

Il n’en a jamais fait mystère, il est très attiré par le Réal Madrid, le seul club étranger dont il était supporter dans son enfance bondysienne, avec Cristiano Ronaldo comme idole absolue.

Suite à la pandémie qui a ébranlé considérablement tout l’équilibre financier du sport en général et du football en particulier, ce n’est plus en Espagne que doivent s’orienter les footballeurs avides de titres internationaux en club, mais en Angleterre, où il y aura encore plus qu’aujourd’hui afflux de capitaux et de grands joueurs.

Et il y a aussi le PSG…

Les glorieux prédécesseurs expatriés.

Avant l'avènement du PSG version qatarie, les très grands joueurs français devaient s'expatrier pour trouver des clubs à la mesure de leurs talent et ambition.

Raymond Kopa, meilleur footballeur français de son époque, avait rallié le Réal Madrid pour gagner la coupe d’Europe des clubs champions et être récompensé du ballon d’Or.

Michel Platini, meilleur footballeur français de son époque, avait rallié la Juventus de Turin pour gagner la coupe d’Europe des clubs champions et être récompensé du ballon d’Or.

Zinédine Zidane, meilleur footballeur français de son époque, avait rallié la Juventus de Turin, puis le Réal Madrid pour gagner la coupe d’Europe des clubs champions et être récompensé du ballon d’Or.

L’Angleterre, eldorado du football.

 En Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en Italie, il y a une culture du football bien plus ancrée dans les populations qu’en France.

C’est donc vers un de ces pays qu’il faudra s’expatrier, si l’expatriation est le choix le plus judicieux pour celui qui ambitionne d’être le meilleur joueur du monde et le meilleur joueur français de tous les temps.

D’un point de vue économie du football, l’Angleterre est au-dessus de tous les autres grâce à une manne de droits audiovisuels très au-dessus des autres grands pays de football. L’Allemagne vient juste derrière l’Angleterre grâce à une forte culture footballistique, une organisation sérieuse, des infrastructures de qualité et une économie nationale solide.

On ne peut pas en dire autant de l’Espagne et de l’Italie.

Le championnat anglais apparaitra de plus en plus comme le lieu de concentration des meilleurs joueurs (et joueuses) de la planète football.

Ce sera le championnat où il faudra être.

Et la France dans tout ça ?

La France a tous les handicaps et un seul atout pour garder ou attirer les meilleurs footballeurs dans son championnat.

Les handicaps, on les connait.

C’est avant tout une culture du football raisonnable (pour être positif !), bien en-deçà de celle de ses voisins européens ou des pays sud-américains.

Cela réduit mécaniquement le pourcentage de la population prêt à acheter cher le spectacle football dans les stades et sur les chaines de télévision ou de streaming. Le merchandising peine aussi de ce fait.

Les droits de diffusion français, principale ressource financière du football, seront durablement en deçà de ceux de l’Angleterre. La pandémie et le fiasco de l’illusion Mediapro ont encore plus creusé le fossé…

Sociologiquement, cette moindre culture footballistique contribue aussi à ne pas encourager les pouvoirs publics à faire des cadeaux fiscaux à un secteur dont les salariés ne sont pas les plus malheureux.

Le seul atout du football hexagonal est constitué aujourd’hui par l’apport financier qatarien au PSG. Sans ce club dopé aux pétrodollars, jamais notre championnat ne pourrait espérer les centaines de millions d’euros que certains opérateurs médiatiques sont prêts à lui verser.

En 2021, seuls Lyon et Monaco semblent pouvoir présenter des modèles économiques durablement pertinents, mais ils sont quand même bien en deçà des capacités des clubs anglais ou du PSG qatarien.

Et il n’y a qu’à Marseille où on observe une hystérie football locale qui pourrait un jour intéresser des investisseurs étrangers très puissants, ce qui n’est pas encore le cas.

Le choix raisonné de Kylian.

La pandémie, le fiasco Médiapro, vont encore aggraver la compétitivité du football français sur les toutes prochaines années.

Ce n’est donc surtout pas le moment pour Kylian M’Bappé d’abandonner son pays formateur.

En tant que successeur désigné des géants Léo Messi et Cristiano Ronaldo, il représente l’atout majeur du football français pour incarner la réussite de la formation française et maintenir l’attrait de la Ligue 1 pour un maximum de fans en France et à l’étranger.

Et puisque le PSG est un des 4 clubs européens les plus performants de cette saison, et le seul des demi-finalistes 2020 de la C1 à être encore demi-finaliste 2021, il n’y a pas urgence à rejoindre le Réal Madrid à 22 ans, d’autant qu’économiquement ce club n’offrira aucune certitude d’avoir l’équivalent d’un Neymar à ses côtés à Madrid l’an prochain.

La Ligue 1 reste aussi le meilleur lieu pour encore progresser en efficacité offensive, car la marge de progression la plus importante dans le jeu de Kylian, cela reste la perforation des défenses regroupées en bloc bas !

Faut-il égoïstement à tout prix réaliser son rêve de gosse en 2021, quand on est l'atout numéro un du football professionnel français pour que celui-ci ne sombre pas ?

Encore faudrait-il aussi que les Français du football aient la reconnaissance de cet engagement citoyen et ne soient pas ultra critiques au moindre match moins abouti du « génie français ».

On peut raisonnablement le leur demander.

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